
Rolling skin syndrom, entre affection comportementale ou neurologique
Le frémissement qui envahit la zone dorso-lombaire d’une chatte non stérilisée est normal en période de chaleurs, sous l’effet des hormones et de l’excitation.
Un indicateur d’hypersensibilité à l’environnement
Chez le vétérinaire, lorsqu’un chat ou une chatte présente cette manifestation comportementale, la praticienne ou le praticien sait que le chat est passablement énervé. Parfois le simple passage de la main, à plat, calmement, sans aucun contact physique, à 5 cm au-dessus de la zone lombaire déclenche cette réaction. Cela démontre aussi que les follicules pileux sont d’une hypersensibilité exquise à tout mouvement de l’air, y compris les plus subtils.
Mais lorsque le chat manifeste cette séquence comportementale à la maison, de façon récurrente, parfois à la suite d’un évènement, on parle d’hyperesthésie ou rolling skin syndrom puisque la peau du dos roule, comme des vagues sur la plage.
Neuf signes d’hyperesthésie féline
Une récente étude conduite par des vétérinaires français auprès de 208 chats en bonne santé (venus pour leur vaccination) vient de montrer qu’un peu plus de 73 % d’entre eux présente au moins un des 9 signes de ce syndrome : rolling skin ( ondulation de la peau au niveau lombaire), augmentation de l’activité motrice (sauts et courses incontrôlées), hallucination, changements de comportement soudains, se lèche ou se mord sa queue, ses flancs, sa région anale ou sa région lombaire, vocalisations (crache ou grogne) sans cause apparente, mouvement frénétique de la queue, dilatation des pupilles, se couche ventre à terre, région lombaire en l’air.
Des pistes de prise en charge
Tous ces signes font partie de l’éthogramme normal du chat, et d’après cette étude, ils sont plus fréquents pour les chats d’intérieur, lors de frustration, d’excitation et quand l’environnement ne leur convient pas (pas d’accès à des postes d’observation en hauteur, par exemple). L’étude a montré que certains chats réagissent chez leur vétérinaire à la palpation lombaire. Un accueil chamical chez votre vétérinaire permet de limiter ce type de réaction, sauf si votre chat a été énervé par une durée de trajets et attente un peu longue, ou s’il a croisé un chien dans la salle d’attente.
Bon à savoir : Prenez une ou des vidéos des comportements de votre chat observés à la maison, pour les partager avec votre vétérinaire, un fois en consultation.
Aucun de ces 9 signes ne peut conduire, seul, à un diagnostic et il faudra analyser avec votre vétérinaire l’environnement (social, physique) ainsi que les éventuels soucis médicaux (comme l’épilepsie ou une douleur chronique) de votre chat. Lorsque ces signes persistent à la maison, au point d’être handicapants, il est nécessaire de traiter l’hyperesthésie féline avec des antalgiques comme la gabapentine, que votre vétérinaire pourra vous prescrire.
AVRIL M, LAMOUREUX A, VALENTIN S, JEANDEL A., « Prevalence of behavioural signs commonly associated with feline hyperaesthesia syndrome among healthy cats », J Small Anim Pract., 2025, DOI : 10.1111/jsap.13878.